Toits bruns, murs séculaires… La campagne tout autour de Gourdon voit ici ou là poindre la silhouette de quelques châteaux qui tous rappellent avec élégance, combien ces terres furent convoitées et défendues. Milhac, Peyrilles, Concorès, St Chamarand… Derrière ces noms, une histoire passée ou présente qui ouvre notre regard sur quelques belles aventures patrimoniales et humaines.

Milhac, la vie de château

Campé sur la route qui jadis menait de Gourdon à la vallée de la Dordogne, ce château-là né sur les cendres d’un autre détruit pendant la guerre de cent ans, a gardé fière allure malgré les aléas de son histoire. Puissante forteresse décidée par Déodat de Thémines, Baron de la Bouriane au XVème siècle, celui qui affichait pas moins de 10 tours et 40 pièces sur 3 niveaux, a bien failli n’être qu’un tas de ruines après la Révolution française. Tombé sous le charme des tours éventrées, son propriétaire actuel a entrepris un long travail de restauration.

Se perdre dans le village

Entre le Causse de Gramat et le Périgord Noir, Milhac respire une sérénité toute simple. Blotti au pied de son château, ce village offre ses rues pleines de poésie au pas des randonneurs en quête d’instants paisibles. Quelques maisons anciennes, une église fortifiée et son presbytère… Les échos du passé refont surface. Le tout au cœur d’un panorama incroyable à contempler depuis des points de vue dominants le paysage strié de ruisseaux et modelé par des collines couvertes de pins, de châtaigniers et de chênes verts.

Château de Peyrilles, par la force des hommes

Dominant le village, ce château-là aurait pu subir une lente et longue déchéance si le destin n’en avait décidé autrement. Le destin ? Le courage de quelques hommes et femmes plutôt. Depuis son promontoire en effet, il a vu un beau jour débarquer une armée de bénévoles désireux de le sauver de la ruine. C’était en 2001…

Une aventure humaine

« Cité dès 1196 et propriété des seigneurs de Gourdon jusqu’à la fin du XVème siècle, notre château a au fil du temps fini par servir de carrière de pierres. Nous ne pouvions cependant par laisser tomber en lambeaux un patrimoine qui selon la petite histoire aurait accueilli Richard Cœur de Lion. Nous avons donc entrepris une ambitieuse campagne de restauration. Le but ? Impliquer les habitants pour que ce château devienne une œuvre commune. Et ça a marché. Une belle équipe s’est constituée pour débroussailler, démolir… Des artisans sont ensuite venus rénover les charpentes, les couvertures et l’escalier en pierre. Aujourd’hui, les travaux se poursuivent. Rendez-vous lors des journées du patrimoine, où nous ouvrons les portes de notre château à la découverte». Stéphane Magot, maire de Peyrilles

Oyez, oyez, bonnes gens !

9 juillet 2016. Retenez bien cette date. Ce jour-là un jeu de rôle grandeur nature, animera les rues du village. Deux équipes s’affronteront dans des combats médiévaux pour attaquer et défendre le château. Spectacle garanti, ambiance au rendez-vous.

Château de Concorès, sauvé du temps

Abandonné pendant la révolution puis pillé, ce château, appelé également château de Clermont, campe aujourd’hui fièrement au-dessus du hameau de Linars dans la vallée du Céou. Son salut, il le doit à ses différents propriétaires privés qui devant son état de dégradation générale, ont entrepris chacun leur tour de lui redonner du lustre. Aujourd’hui, ce quadrilatère flanqué de ses tours est en mesure de raconter son histoire. Une histoire qui remonte au 13ème siècle, et explique comment cet édifice échappa déjà une première fois à la ruine après la guerre de Cent ans puis fut au 16ème siècle, embelli selon une inspiration Renaissance.

Protégé des affres du temps, il conserve précieusement quelques éléments architecturaux tout simplement superbes. Quelques exemples… sa chapelle seigneuriale ornée de voûtes d’ogives à liernes et tiercelons, les vestiges d’un escalier monumental de style Renaissance et des tours armées de canonnières.

St Chamarand, la volonté d'un homme

Au cœur d’un joli village médiéval typique de la Bouriane, ce château dont les premières fondations datent de 965, affiche sans complexe son allure de seigneurie. Délaissé après la Révolution française comme bon nombre d’autres châteaux, il connut la désolation jusqu’à ce qu’un propriétaire privé ne se prenne de passion pour sa rénovation, il y a une dizaine d’années.